Tribulations ethnographiques en terre de Brésil
•Le retour des guerriers
Voilà donc le dernier article de ce blog...
Notre expérience au Brésil nous a profondément marqués. Pour ne pas que vous ayez un choc en nous revoyant, voilà les dernières photos prises de nous.
Ici, c'est à quoi on ressemble le jour :

Là, c'est à quoi on ressemble la nuit :

Ca va, vous tenez le coup ?
Allez, on vous embrasse très fort, merci pour tous vos petits messages sympas sur le blog ou ailleurs, et à bientôt à St just !
|
Commentaires (3) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 05:10, le 6/08/2008, Mots clefs :
|
•Rocambolesque attitude

Notre voisin Ramón nous invite à la clôture d'un projet commmunautaire intéressant : une entreprise hydroélectrique veut construire un barrage apparemment dévastateur pour l'environnement local. Pour se donner bonne conscience, elle finance dans une petite ville concernée des activiés tournées vers... la préservation de l'environnement (!). Les habitants ont donc opté pour la professionnalisation d'adolescents dans l'artisanat à base de bois de cocotier, et la sensibilisation de ces mêmes ados aux problèmes environnementaux par le théâtre. Thême de la pièce : protestation contre le projet de barrage en question ! On trouve ça bien sympa comme idée.
Pour se rendre à Taboquinhas, donc, il faut louer un véhicule. En effet de fortes pluies (c'est l'hiver ici) ont crée d'énormes trous dans la piste et le bus ne passe plus. A l'aller, on se fait arrêter par les flics. Bon, c'est sûr, on est parti avec un couple d'amis, on est 4 adultes et 4 enfants dans la petite jeep, sans ceintures à l'arrière, ils n'aiment pas trop. Ils nous font un sermon appuyé et nous disent finalement : "bon, on a bon coeur, allez-y. Mais ne recommencez pas, hein ?". Oui Monsieur, merci Monsieur, et c'est pari.
Notre voisin, coordinateur du projet, aurait dû arriver sur place le matin mais il est introuvable. Il arrive 10 minutes avant le début du départ du cortège, l'oeil torve, complètement défoncé. On ne sait pas ce qu'il a pris mais ça doit être très fort ou très blanc. La petite troupe entame la pièce et je retrouve cette capacité à l'indignation et à la résistance qui m'avait impressionnée à Balbino. Les voix des apprentis acteurs ont quand même bien du mal à couvrir les gloussements des gars qui lorgnent sur les filles, les cataclop des chevaux qui sillonnent la place (mais pourquoi y-a-t'il autant de cavaliers sur cette place ?) et les télés des petits bars alentour.
(sur la photo : "la forêt sur piedn'est pas le problème mais la solution")
La fête n'est pas finie mais les enfants sont épuisés d'avoir joué tout leur saôul avec les gamins du coin, et on fait nos adieux. Sur le chemin du retour, Yohel en grande discussion n'anticipe pas un trou béant et la jeep saute en l'air telle une crêpe bretonne en forme. Tous les passagers ont le postérieur endolori. Le véhicule repart et la jeep se transforme alors en une immense râpe à carottes géantes au soir d'une orgie végétarienne. On a cassé un amortisseur. Yohel et Nicolas, tels des Olivier Kersozon du dimanche, se suspendent à l'extérieur de la jeep pour faire contrepoids, bravant la tramontane amazonienne en fumant des clopes.
Tout va bien, on roule à 5 km/h, mais il va bientôt falloir passer l'épreuve suivante : repasser devant les mêmes flics zélés ! Une minute avant le poste, les deux skeepers des temps modernes réintègrent le véhicule. On essaye de passer inaperçus mais on roule toujours à 5 km heure et le bruit des carottes râpes est plus intense que jamais. On retient notre respiration, on arrive au niveau du poste.
Que se passe-t-il ? Phénomène étrange, aucun représentant de la loi ne se trouve sur le macadam... Une fenêtre éclairée nous laisse entrevoir le pot aux roses : telles des mouches euphorisées par l'odeur d'une bouse du jour, les policiers s'agglutinent autour d'un écran allumé. C'est le match du dimanche soir. On passe comme des fantômes.
Magnifique. Merci le foot.
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 09:10, le 30/07/2008, Itacaré Mots clefs :
|
•Les policiers de l'espace

Autre épisode fascinant à Itacaré : le passage dans un poste de police pour la perte d'un sac.
Il est neuf heures du matin. On entre dans le bâtiment tout grillagé, on frappe des mains (ici c'est comme ça qu'on appelle les gens), finalement on appelle, personne. Un gars qui semble tout droit sorti de la plage (lunettes de soleil, cheveux gominés, short et tongues assorties) nous passe devant. Zut se dit-on, il est gonflé le type. Mais ô surprise, notre homme se glisse derrière le bureau et nous demande le motif de notre visite.
Apparaît alors un deuxième gars, crâne rasé, petite barbiche, un ventre de bière tellement proéminent que le Tshirt imprimé, malgré tous ses louables efforts, ne parvient pas à contenir totalement. Tout sourire, ils nous disent que malheureusement, comme on est étrangers, il faut repasser lundi (on est samedi) car notre déposition doit être saisie à l'ordinateur (et pas sur leur cahier à spirales) pour être envoyée au centre régional, et eux ne sont pas habilités à le faire.
Ils demandent à Yohel son métier, qui leur répond anthropologue. "Ah, tu nous étudies alors !" On rigole un coup et l'un deux nous demande : "Tu connais ce truc, là, énorme avec des poils partout qui fait des traces dans la neige ?". Moi, nageant en plein surréalisme : "Le yéti ???". Lui : "Oui, c'est ça ! Et ben c'est mon collègue ! Tu veux emporter ce spécimen avec toi en France ?". On se fend la poire.
Trève de conneries, on leur demande à quelle heure il faut revenir lundi. L'un d'eux nous dit à partir de 8h. L'autre : "Bon, si vous ne voulez pas attendre, c'est mieux de venir vers 9h, 9h30, hein, parce que notre autre collègue vient de loin alors...". Bon ben oui alors.
On se dit au revoir et ils sortent avec nous, apparemment ils ont fini leur service. Eux : "Vous dansez le forró les gringos ? Oui ? Et ben on se voit en boîte alors !".
Enorme.
|
Commentaires (2) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 06:40, le 23/07/2008, Itacaré Mots clefs :
|
•Le crieur des temps modernes

Nous revenons sur nos pas et retrouvons avec plaisir Itacaré, petite ville cool d'hippies et de surfeurs rastas. On ne résiste pas à l'envie de décrire un phénomène pour nous exotique.
Il s'agit de la nouvelle version du crieur public. Le (jeune mais pas trop) fringant en question sillonne la ville à bord d'une bicyclette antique équipée d'un ampli et d'une paire de baffles dernier cri, ainsi que d'un micro kit main libres.
A la fois emprunt du sérieux de sa mission et d'une nonchalance proche du type accoudé au comptoir devant une bière fraîche, il déclame sans fléchir les annonces du jour à la ville entière comme s'il s'adressait à ses vieux potes de surf :
"Bonjour à tous ! Itacaré en direct !
"Un nouveau cybercafé a ouvert dans la rue Pituba. C'est deux reals de l'heure. Vraiment pas cher non ?
"Monsieur Marcelo Vasconcelo Alvarez est décédé à l'âge de 67 ans. Ses obsèques auront lieu demain à 10 heures à l'Eglise du bord de plage. Je répète : les obsèques..."
"Edison Gomez, propriétaire d'une golf blanche stationnée devant le restaurant de tapioca "Mangue Douce" a perdu ses clés. Ce serait vraiment sympa de les rapporter à votre serviteur ou d'appeler sur son portable au 9287 3602. Je répète :..."
"Ce soir, grosse fête au "Corail", dernier bar sur la Plage des Coquillages à partir de 23h. C'est OK, bien retenu ?"
Notre homme progresse dans la ville en parcourant les ruelles aux pavés défoncés à un rythme mesuré : il roule sur son fidèle destrier très lentement, pose parfois le pied devant le resto d'un ami ou en haut d'une côte. Mais ô ! miracle ! Jamais ne pointe le signe d'un essoufflement et le crieur des temps modernes continue son chemin en déclamant à la face du monde les nouvelles d'Itacaré avec une constance immuable.
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 12:53, le 19/07/2008, Itacaré Mots clefs :
|
•Transmutances familiales
A Fortaleza nous avons retrouvé un vieux copain qui nous a immédiatement emmené à Morro Branco, dans la maison (plutôt une hutte de luxe) d'un de ses amis. Vraiment, on n'a pas eu à se plaindre : plats de langoustes grillées, tours en buggy sur la plage, mer à deux pas, et logement à l'oeil. On a vu (nettement) pire.
Le compteur tourne et le départ se profile dejà. On part dans moins d'un mois, mais on se trouve encore à près de 50 heures de bus de Rio d'où décolle notre avion. Comme on ne voyage sur de longues distances que de nuit (bizarrement, Maya n'apprécie pas trop de rester dix heures dans un bus la journée), ça fait donc quatre nuits de bus à faire en sens inverse.
Voilà en 5 mois où en sont les troupes :
Lunah, dorée à souhait, maîtrise les rudiments du portugais. Elle a rapidement commencé à acquérir les bases ("je vais t'attraper sorcière", "c'est toi le monstre", "on joue à Papa et Maman ?") et se lance maintenant dans de grands discours à qui veut l'entendre, ce qui lui a permis de se constituer une ribambelle d'amoureux assez conséquente. Plus le départ s'approche, plus elle ressent de la saudade pour la France ("le Brésil, j'aime pas il y a trop de moustiques") et du coup c'est Lila qui trinque.
Pour Lila c'est le contraire : la saudade de la France c'était au début (on a eu droit à une crise mémorable au sommet du Christ Rédempteur à Rio où elle voulait absolument manger du... reblochon), maintenant elle est très à l'aise. Pour le portugais, elle commence tout juste. Elle a une passion inconsidérée pour le coloriage et elle trimballe partout (bus, plage, ville) sa trousse de crayons au cas où un désir urgent pointe sans prévenir. Elle est très fière de pouvoir acheter le pain toute seule.
Maya a fait ses premiers pas ici et trotte maintenant avec assurance. Elle dit quelqus mots seulement dont coquillage, crabe, noix de coco, água. Elle s'est globalement super bien adaptée aux changements constants, dort dans un hamac, et a quand même ses problèmes de bébé de routine (les dents ça ne pousse pas qu'en France, les périodes scotch-maman c'est aussi trans-atlantique).
Yohel (ici prononcez Joéou) se transforme subrepticement en surfeur : corps sculpté par le vent, le soleil el et le poisson frit, bronzage, colliers en graines. Il arbore même de magnifiques tongues bleues, accessoire qu'il s'est lancé à acheter pour la 1ère fois de sa vie. En 5 mois, on a réussi à sortir (ô miracle !) 4 fois danser et c'était comme toujours le roi de la piste.
Anne s'est, on ne peut plus, abrasilianisée. Dès qu'une petite brise se lève, elle sort le col roulé en hurlant à la mort à qui veut l'entendre qu'il fait un froid de loup. Elle ne supporte plus de dormir sans une couverture quand la température vient à descendre en-dessous de 25°c, elle s'enroule et s'emmitoufle en murmurant qu'elle aurait bien besoin d'un duvet. Il suffit qu'un brin de musique vienne à se faire entendre pour que tout son corps se mette en transe et que l'on ne puisse plus distinguer clairement les parties de son corps roulée comme un carosse et bronzée comme une pomme à croquer. Enfin, elle ne supporte plus les jupes de plus de 10cm de long et ne jure plus que par le fil dentaire (maillot de bain pour les non initiés). C'est une vraie bombe !
|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 01:49, le 17/07/2008, Fortaleza Mots clefs :
|
•Petites histoires de pastèques, coiffeur et contraception...
Toujours à balbino, voici quelques petites histoires d'ambiance...

* Je ramène une pastèque de plusieurs kilos sous le bras (sur la tête, à deux bras...) en plein cagnard. Un gars passe à mon niveau avec une brouette. Je ne le connais absolument pas, mais il me dit : "Donne-moi ta pastèque va, je vais dans la même direction que toi". C'est parti.
* Une fille avec un bébé sous le bras d'un an à peine aborde la conversation. Elle me demande si après mes trois enfants, je me suis fait ligaturer les trompes (pratique ultra courante ici). Elle dit qu'elle-même a bataillé pour se faire opérer, et c'est seulement grâce à l'intervention d'un oncle prêtre (comme quoi) qu'elle a pu le faire. Normalement, elle n'avait pas l'âge minimum requis (30 ans). Mais à 29 ans, elle a déjà... 6 enfants. En ayant commencé à quinze, ça fait tout de même un bon rythme. Ici, une femme enceinte sur cinq est adolescente. Une sur cinq ! Une autre dame m'informe d'un record absolu à ma connaissance : sa tante a eu 20 grossesses (sans un jumeau). Avec trois fausses couches et deux morts en bas âge, ça a tout de même fait quinze enfants à nourrir, langer, élever... J'en reste baba.
* Expérience chez le coiffeur. Je vois marqué "cabelereiro" sur une maison de notre rue. Chouette, je vais pouvoir me faire couper les cheveux pour pas cher me dis-je (de fait, après renseignement, c'est 5 reals, soit 2 euros...). On me dit que c'est seulement l'après-midi. Je me pointe raisonnablement vers 14 h, mais tout est fermé. La voisine me dit : "Ah, la femme d'Edilson (le coiffeur) doit encore faire la sieste, et Edilson n'est pas encore rentré de la mer". Ah bon ? Et oui, Edilson est aussi pêcheur. Je repasse plus tard. Edilson est là, tout râpé à l'oreille et au bras, sa jangada (bateau à voile à fond plat) s'est renversée ce matin.
Je lui demande s'il peut me dégrader les cheveux sur le devant. "Sûr !" dit-il avec assurance. Et c'est parti. Il me prend une grosse poignée de cheveux dans la main et coupe bien en biais. Voilà. C'est tout. Je ressemble aux filles d'Abba dans les années 80. Il est vrai que j'ai cherché, ce gars-là n'avait jamais dû couper de cheveux aussi raides de sa vie.
* Là c'est la photo d'une dame qui prépare des gâteau de tapioca cuits dans des feuilles de banane au feu de bois. Un délice.
|
Commentaires (4) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 02:14, le 22/06/2008, Fortaleza Mots clefs :
|
•Résistance à Balbino

Après quelques jours près de Récife pour gôuter à l'ambiance forró des préparatifs de la St Jean, nous voici dans le petit village de Balbino, à 50 km de Fortaleza. On doit y être les seuls touristes. Les 1ères maisons "à louer" commencent tout juste à faire leur apparition. Je vois une affiche "Grande fête le 15 et 16 juillet à Balbino, 22 ans de lutte et de résistance". Nous louons par ailleurs une maison dans la "rue de la Victoire". Nous nous rendons à la "Barraque de l'Espérance" pour discuter avec une petite vieille (qui doit en fait avoir la cinquantaine) qui a été le moteur de toute cette histoire. Elle est elle-même analphabète et mère de huit enfants, son mari est pêcheur.
Elle nous explique avec une détermination qui sent la coriace qu'il y a 22 ans donc, une entreprise immobilière puissante a tout bonnement pris posession des terrains litoraux de la commune, arguant que les terres n'appartenaient à personne, les pêcheurs du coin n'ayant aucuns titres de propriété officiels. En deux jours, les bulldozers viennent creuser et planter des plots délimitant la zone, et assécher la mangrove du coin dont la faune crevé immédiatement immédiatement.
La mémé organise la résistance, mobilisant tout le village. "Nous étions comme des fourmis attaquant un éléphant !" dit-elle. Commence alors une période de menaces et d'intimidations de la part de l'agence immobilière. Sa maison (plutôt une barraque en paille) est brûlée trois fois, comme celles de ses enfants. Elle est agressée plusieurs fois par les sbires de l'agence et les gars sans scrupules lui collent un révolver sur la tempe et au niveau du coeur pour qu'elle comprenne.
Mais la guerrière tient bon, elle rameute journalistes, IBAMA (Organisme de défense de l'environnement), ONG étrangères, et monte un dossier qu'elle va présenter au juge du coin. Ce dernier, acheté par l'agence, n'ouvre même pas le dossier. L'histoire n'intéresse pas non plus le Préfet qui trouve le déroulement des choses tout à fait normal.
Mais l'opiniâtreté de la bougresse aboutit à la constitution trois ans plus tard d'un dossier solide. La justice mettra dix ans à se prononcer, pour finalement se rendre à l'évidence : les terrains convoités appartiennent bien au petit peuple de Balbino.
Aujourd'hui, la mémé a toujours les yeux brillants. Elle dit de manière touchante : "Quand je vois chaque jour la beauté retrouvée de notre mangrove, et les maisons que construisent nos jeunes sur cette belle terre, je remercie Dieu de m'avoir donné le courage et la force de lutter".
Je vous tire ma révérence mémé. Quel exemple...
|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 03:59, le 18/06/2008, Fortaleza Mots clefs :
|
•Mendiants et compagnie

Dans le centre historique de Salvador, nos sommes, en tant que gringos repérés, la cible d'une horde de mendiants dotés de stratégies remarquables. L'un n'a pas d'argent pour acheter le lait de son enfant, l'autre doit se faire opérer du foie mais n'a pas la somme nécessaire (il vous montre la plaie supurante), un autre encore vous fourre dans la main un collier "en souvenir de Salvador" et vous demande ensuite avec insistance (tendance mouche à bzzz) de collaborer à sa survie. Un autre enfin vous supplie de l'aider à retourner dans sa terre natale où se trouve sa famille, car il n'arrive plus à survivre en ville. Après un achat de billet à la gare, revoilà le lendemain le même type au même carrefour revendant son histoire à qui veut l'entendre.
Sachant que tout ici se revend, du sandwich au lait en poudre en passant donc par le billet de transport, pas facile de se repérer. Une dame nous indique le geste salvateur à l'intention des demandeurs : Un "non" du doigt suivi immédiatement d'un pouce levé style "génial".
Miracle ! La course poursuite cesse illico.
|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 07:09, le 1/06/2008, Salvador de Bahia Mots clefs :
|
•Petites histoires de Salvador

Salvador,
ville vibrant au son des tambours africains, des écoles de capoeira et des transes du candomblé.
Grande ville aussi, ça nous change des petites villes côtières que nous avions traversées jusqu'à préent.
On habite dans un appartement que nous loue Rosa, espèce de cammioneuse baroudeuse au grand coeur qui nous donne une foultitude de coups de main bienvenus (comme : comment réparer l'appareil photo que Lunah a copieusement fait tomber par terre...). Pourtant, on sent bien que l'urbain n'est pas l'idéal avec les enfants : pas de jardin, pas de sorties seules dans la rue pour les filles, pas de sorties tout court après le coucher du soleil (17h30 ous les jours). On ne va donc pas s'éterniser, malgré la richesse culturelle de cette ville un peu folle.
Voici deux petites histoires vécues savoureusement ici :
Les gens sont globalement très spontanés et directs. Dans l'ascenseur, une jeune vendeuse totalement inconnue se pince subitement l'entre-jambe et me dit avec une fraîcheur toute désarmante : " Mince ! J'ai du caca dans le short ! Avec tous ces clients on n'a même plus le temps d'aller aux toilettes !". Ça m'en a coupé le sifflet. Quoi répondre de décent ?
Salvador est aussi connue pour la richesse et la diversité de ses religions. Rosa nous raconte que son cousin est médium et responsable d'un centre spirite à São Paulo. Il a perdu depuis longtemps tout contact avec la famille restée au village. Il téléphone un jour à une tante éloignée et l'informe avoir été visité par l'esprit d'un petit garçon (il cite un nom) mort à six ans, qui lui demandait de transmettre à sa mère de cesser de le pleurer, qu'il était bien là où il était, et qu'elle devrait organiser un fête pour fêter la fin du deuil avec deux camarades (il cite les noms). En effet, cette maman avait perdu l'année d'avant son fils de six ans (le prénom était juste), noyé dans la mer. Après vérification à l'école où étudiait son fils, les deux camarades cités par le médium étaient bien les deux meilleurs amis du petit.
De quoi dérouter les plus rationnels d'entre nous, non ?...

|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 06:52, le 1/06/2008, Salvador de Bahia Mots clefs :
|
•Béni soit Saint Georges

Cela fait bientôt 3 semaines que nous voilà installés à Itacare, à 6h au sud de Salvador da Bahia. C'est une petite ville de surfeurs et de rastas très très cools, où règne un air de paresse tranquille et de vacances perpétuelles. L'envie d'acheter un bout de terrain dans la forêt tropicale alentour pour y construire une cabane travaille Yohel d'autant plus qu'il pourrait y avoir une cascade, un bout de rivière...
Avant d'atterrir ici, on a fait une escale à Ilheus et on ne résiste pas à l'envie de vous narrer une petite anecdote liée à la Fête de Saint George. La bible du Lonely PLanet nous indiquait que le 23 Avril était célébrée la Fête de Saint George, culte du Candomblé. Ah ! Super, on reste. Nous avons donc écourté notre séjour à Porto Seguro (ce qui nous a fait rater une autre fête: la "découverte du Brésil" par les portugais à cette endroit même. 500 ans tout de même !). Et comme dans la Bahia 1 jour férié en vaut 2, nous n'avons pas non plus pu aller à la Police Fédérale pour renouveler notre visa.
Bref, nous voilà donc à Ilheus, ville de Jorge Amado, connue pour sa richesse à l'époque de la ruée vers le chocolat, aujourd'hui en berne pour cause de maladie de "sorcière" qui a dévasté les plantations.
Nous sommes dans l'attente de chants en Yoruba et de danses de grandes robes blanches en dentelles... Sur place, on se renseigne et là, le doute s'insinue. Personne ne parle de Candomblé, religion diabolisée par les chrétiens et encore plus par les protestants qui ont envahi le Brésil (c'est incroyable le nombre d'eglises protestantes que l'on peut rencontrer portant des noms plus incroyables les unes que les autres). On nous parle de magie noire, de macumba et autres. Le Lonely PLanet ne serait donc pas une bible ? Puisque nous sommes là, nous décidons de nous y rendre envers et contre tous le jour dit.
Nous sommes sur le parvis l'église de Saint George. Pas de doute, c'est bien une fête catholique. Et la procession se met en place. Avec le Cardinal (j'ai un doute vu mes connaissances des signes de la hiérarchie. Mais vu la quantité de rouge qu'il portait sur lui...), le prêtre, les enfants de coeur, la chorale, les policiers militaires en tenue ... portant la statue de Saint George. Et pour couronner le tout, devinez qui apporte l'élément musical de cette fête... la bandeira de la police municipale ! Nous avons ri à nous faire des alvéoles pulmonaires supplémentaires en imaginant la situation en France : des gars du GIGN armés jusqu'aux dents balladant une statue de Saint Christophe à Angers. Je pense qu'il n'y a qu'au Brésil que l'on peut rencontrer des situations de ce genre. Mais laissez-moi vous décrire le fameux Saint-George: il est monté sur un pidestal, la tête légèrement penchée vers le bas et levant un doigt vers le ciel dans une pose profondément rastafarie ou de danseur techno sur le point d'entrer dans une transe éléctronicoastrale. Il inspire le Saint-George ! Mais toute autre chose qu'un sentiment religieux.
Mais au fait, où est le dragon ?
Le temps d'écrire cet article et nous voilà déjà rendus à Salvador, grande ville bruyante, chantante dans les bus, nonchalante et africaine. A plus pour d'autres nouvelles...
|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 04:42, le 14/05/2008, Ilhéus Mots clefs :
|
•SOS Médecins
Après Itaúnas et une petite escale à Porto Seguro (Etat de Bahia), plus deux heures de bus sur les routes en piste et enfin une petite traversée de barque, nous voici dans le village de Caraíva, coincé entre le Rio Caraíva et la mer, une petite merveille (si si, voir l'album photo !).
Seulement voilà : le lendemain de notre arrivée, Yohel s'est chopé une fièvre de cheval, à en rester cloué au lit. Il y a bien un poste de santé à Caraíva, mais le médecin n'y passe qu'une fois par semaine. Notre voisin s'est trompé sur le jour et du coup on l'a loupé, c'est malin.
Au bout de trois jours, je vais acheter un antibio (vendu normalement sur prescription médicale mais on ne va pas chipoter), mais rien n'y fait. Le quatrième jour, c'est dimanche, tout est fermé.
Le cinquième jour, on décide d'aller quand même au poste de santé, pour voir. Là règne un indescriptible bordel. L'agent de santé communautaire nous accueille en nous disant qu'aujourd'hui ils sont en travaux, que rien ne fonctionne aujourd'hui (on l'avait déjà compris). On a dû marcher un quart d'heure dans le sable en plein cagnard, Yohel ne tient plus debout, mais il n'y a pas de lit. La dame trouve un banc qu'elle met dehors et Yohel peut enfin s'allonger. Maya dégotte un pot de peinture glycéro rouge pharmacie ouvert et plonge avec délice dedans. Génial.
On se demande comment faire pour obtenir des soins. La dame dit qu'elle va essayer de contacter le médecin de Trancoso (à une heure d'ici) et elle sort. "Ah bon, il n'y a pas de téléphone ici ?". Non, elle est partie à la cabine du coin. Elle revient en disant que personne ne répond. "De toute façon nous dit-elle, l'ambulance est tombée en panne mercredi dernier, je pense qu'ils ne l'ont pas réparée". Ah. Et il n'y a que deux bus pour Trancoso, un à six heures du mat. (raté), l'autre à 16 h.
La dame tente d'autres numéros et revient en disant que sa carte n'a plus d'unités. Ben tiens alors. Miracle, j'en ai une sur moi que je lui prête. Elle arrive finalement à avoir un médecin qui lui dit que quel que soit l'état de Yohel, il n'y a pas d'ambulance de libre et qu'il faut qu'on se débrouille seuls pour arriver jusqu'à Trancoso. Super. Vu l'état de Yohel, on ne peut pas attendre le bus de 16h, il faut trouver un taxi. La dame part en expédition au centre du village pour en trouver un. Une demie heure plus tard, elle revient en nage en disant qu'elle n'a pas trouvé, "il faut traverser le fleuve en barque et de l'autre côté il y en aura peut-être". C'est pas vrai. Sur ce on croise un voisin providentiel et plus efficace que l'agent de santé, qui nous dégotte sur le champ un transport en voiture. Yohel part pour Trancoso, je me dis qu'il passera certainement la nuit à Porto Seguro (plus grande ville) où là seulement on peut faire des examens de sang.
J'essaye d'appeler l'assurance française pour savoir s'ils peuvent prendre en charge le taxi et la suite, mais le téléphone public est subitement en panne alors qu'il marchait dix minutes avant. L'unique deuxième téléphone se trouve à l'autre bout du village et je suis seule avec les trois enfants chougnant copieusement, sans poussette de sucroît (les routes sont en sable). Personne ne sait comment faire pour appeler à l'étranger a cobrar (l'autre qui paye, je ne me souviens plus comment on dit), et comme il n'y a pas de téléphone fixe au village (que des portables), personne n'a assez de forfait pour passer un coup de fil en France. Je commence à me sentir vraiement dépassée. Heureusement, quelqu'un a l'idée d'envoyer un mail à l'assurance leur donnant le numéro du prioprio de notre maison. Le soir, miracle ! Un coup de fil d'Europ Assistance pour prendre des nouvelles (mais ne pas prendre en charge le taxi). Ca fait du bien.
Finalement, l'état de Yohel s'est amélioré tout doucement au bout de six jours, il a pu se lever et remanger un peu. Le médecin de Trancoso a pronostiqué un "virus". Le quel ? On ne saura jamais. En tout cas, je n'aimerais pas renouveller l'expérience, lui non plus du reste ! On est du coup resté une dizaine de jours à Caraìva avant de repartir plus au nord.

|
Commentaires (6) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 08:31, le 28/04/2008, Caraiva Mots clefs :
|
•Langueur Atlantique
Olala... Le message qui suit a été écrit début avril mais l'accès à internet n'a pas été facile... Enfin, voilà donc des nouvelles qui datent !
Finalement, douze heures de bus la nuit, c'est crevant mais ça se fait, les enfants ont dormi tout le temps. Le plus dur a été l'arrivée à l'hôtel de São Mateus, aux escaliers acérés (super pour Maya) et à la chambre ultra exigüe. Du coup le lendemain on a repris illico deux bus pour rejoindre le petit village d'Itaúnas (Etat d'Espiritu Santo). Cet endroit de pêcheurs s'est reconverti dans le tourisme de masse depuis le classemenet de la zone en parc naturel, et dans le forró (danse style lambada). En haute saison, la vie de village doit être absolument frénétique vu le nombre époustouflant de pensions pour un si petit endroit. Mais en avril, basse saison, c'est désert et le village est emprunt d'une douce langueur atlantique.
On dirait, à part les pêcheurs, que les gens ne font rien. Je suis allée tout à l'heure à la Poste, la guichetière était en grande conversation avec sa mère et son fiston. Quand je lui ai demandé si je pouvais poster un courrier, elle m'a répndu avec un sourire tranquille : "impossible, on est en grève". Sa mère lui glisse subrepticement : "allez, fais-le !", et elle me prend mon courrier. "Ah bon" dis-je, "il n'y a pas grève ?". "Non, c'est fini" me dit-elle. Une vraie caricature de la Corse...
Ce matin aussi, je vais sortir les poubelles, et trouve le camion des éboueurs arrêté en pleine rue. Intriguée, je m'approche. Les éboueurs avaient escaladé la montagne de déchets du camion pour atteindre les branches d'un arbre fruitier, et se faisaient royalement une petite collation de dix heures...

L'avantage de tout ça, c'est que la rareté du touriste fait chuter les prix : on loue une petite maison avec un grand jardin pour une bouchée depain (10 euros). Nos journées se passent à la plage (1 heure de marche aller-retour) ou sur le bord du fleuve. On discute aussi avec les pêcheurs qui braconnent dans le fleuve. Depuis le classement de la zone en parc, un certain nombre de pratiques sont interdites (pêche en fleuve, déboisement, brûli), mais les gardes sont les cousins du coin et ferment docilement les yeux... Donc ça continue...
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 01:59, le 26/04/2008, Itaúnas Mots clefs :
|
•Ce qui est différent, ce qui est pareil
Bonjour,
voilà pour l'instant ce qu'on a trouvé différend ici, et ce qu'on a trouvé qui est pareil.
Pour ce qui est pareil :
- le pain, le beurre, le lait
- les routes (avec un peu plus de trous), les voitures
- il y a aussi des jeux de mikado, des tobbogans, des balançoires
- les maisons ont des lits, un évier, une douche, des chaises, une table, une télévision, un balai, un frigo
- à la télé il y a Popeye, Scoobidoo, Spiderman, Batman mais c'est en portuguais
- il y a aussi Pâques avec des oeufs en chocolats, mais ici c'est un Lapin qui dépose les oeufs dans le jardin, pas les cloches
Pour ce qui est différent :
- la couleur de la peau des gens : il y en a qui ont la peau marron, d'autres un peu jaune, d'autres blanche comme nous
- les enfants font de la capoeira, c'est un jeu dansé où on fait semblant d'attaquer l'adversaire. Les enfants ont des habits blancs pour le faire.
- les enfants ont le droit de boire du café, comme les parents. Mais nous on n'en boit pas, nos parents ne veulent pas.
- les enfants ne sont pas attachés à l'arrière de la voiture
- il y a beaucoup de mangues et de papayes
- ici c'est beaucoup plus grand que la France, on peut prendre l'avion à l'intérieur du Brésil pour aller dans une autre ville

|
Commentaires (3) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 07:25, le 24/03/2008, Mots clefs :
|
•Flottement spacial
Cela fait maintenant un mois et demie que l'on est là.
Notre quotidien ici avec la plage, les voisins, les sorties à Rio, les petites ballades, nous a permis de prendre nos marques en s'installant vraiment.
Mais là on a vraiment envie de continuer le voyage.
Ce n'est pas facile de s'organiser, surtout du fait des distances. On serait bien allés à Belem (porte de l'Amazonie), mais c'est 56 heures de bus depuis ici (56 h !!!) et inabordable en avion. Donc il reste le bus ; et le bus longue distance avec les trois enfants, on a beau être de véritables super héros, il faut avouer qu'on flippe un peu ! Et si on fait des étapes nocturnes en bus ça fait finalement des sauts de puces qui nous font avancer très lentement. Il faut donc trouver une solution.
Allez, on laisse passer le WE de Pâques et on a décidé de s'en aller direction Salvador (à 24 heures de Rio) , en faisant une escale dans une ville côtière inconnue (du guide touristique), São Mateus. Fini l'accès à internet illimité !
A la prochaine pour des nouvelles des 12 heures de bus...
|
Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 06:22, le 24/03/2008, Rio de Janeiro Mots clefs :
|
•Programme d'enfer
Mais qu'est-ce qu'on fabrique de nos journées ?
On essaie de sortir un jour sur deux ou trois à Rio voir un musée, une plage, un Christ rédempteur ou autres curiosités... ; comme on en a pour 4 heures minimim aller-retour, le lendemain on se repose. On gros, voilà le programme :
Entre 6 heures et 6h45, réveil des enfants. Sous les tropiques, c'est plus tôt qu'à Saint Just d'Avray, va savoir pourquoi. 1ère tâche de la journée : débarricader Maya. En effet, en l'absence de lit bébé, on a dû trouver une solution : on bloque l'encadrement avec un paravent contre lequel on met notre lit.
Deuxième mission de la journée : aller acheter le "pain français" à la boulangerie du coin (en réalité, un petit pain ultra-léger qui n'a de français que le nom). Discuter avec la caissière.
Après le petit-déjeuner, un petit tour à la plage s'impose. On joue, on regarde les pêcheurs ramener du poisson, on enlève les seringues éventuellement parsemées sur le sable.
On rentre quand il commence à taper, vers 10h30, et c'est l'heure de mettre en route le chaudron de feijão. Pendant ce temps, Lila fait du coloriage, Lunah s'alphabétise avec son cahier de lecture, Maya déballe les paquets de tapioca de dessous l'évier. Après le repas (après tous d'ailleurs), la table, les sols et Maya sont parfaitement enduits d'une portion non négligeable de ce qu'on a mangé. Il faut donc passer Maya au karcher et lessiver le reste.
L'après-midi, au début il fait trop chaud pour sortir. Une certaine langueur nous envahit. Les filles cèdent à l'appel de la télévision : Scoobidoo, Popeye ou Spiderman en portugais, c'est vachement bien. Maya dort et nous on écrit pour le blog, on charge des photos (vous les avez vues ? c'est dans l'icône Album Photo à droite du blog) ou on gère le blog enfant destiné à l'écolede Saint Just d'Avray (http://bresilbuissonnier.uniterre.com), on papotte largement avec les voisins disponibles (à la retraite, au foyer ou au chômage) avnt de resortir faire un tour ou des courses.
Rien de bein exotique jusqu'au soir, où on se glisse avec délectation devant un navet de telenovela, les infos ou le 'Show de la Foi" avec pasteur, chants endiablés si je puis me permettre et miracles à la clé, si si ça vaut le coup). Un large enduit de produit anti-moustique et hop, c'est déjà demain !
Lá on s'était fait un petit pique-nique le soir sur la plage avec les voisins
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 03:00, le 22/03/2008, Mots clefs :
|
•Feijão mon amour
Question organisation pour la nourriture, au début on préparait les repas comme en France, vers 11 heures, et le soir vers 18 heures. Tout le monde nous regardait avec des yeux ronds : "vous cuisinez à ces heures-là ?!"
Effectivement.
Il fait tellement chaud qu'il vaut mieux boucler la question avant 10 heures du matin, après, on n'y touche plus, on réchauffe seulement. Et le soir, 18 heures, c'est l'heure où il ne fait pas encore nuit et où il fait moins chaud, les gens sortent en général pour bavarder sur le pas de la porte. C'est vrai qu'on trouvait qu'on suait beaucoup pour faire à manger !!!
D'autre part, les gens étaient très surpris de nous voir manger un repas complet le soir. C'est limite si on n'apparaissait pas comme des grosses bouffes. Ici les gens font un snack vers 17 heures, comme les Anglais, ils mangent du pain, du fromage ou un oeuf frit, un fruit... Et s'ils ont un peu faim le soir, ils grignotent des cochonneries.
Nous on essaie de ne pas être trop contaminés par la malbouffe, chips, pop corn et biscuits à toute heure (mais c'est pas facile !), alors on mange beaucoup de fruits, délicieux et pas chers du tout. De toute façon, vu le taux de change, on est presque les rois du pétrole, tout est moins cher qu'en France.
On a pris l'habitude de se faire une grosse casserole de feijão (haricots noirs) pour la semaine. Ici c'est l'aliment de base avec le riz, les gens en mangent tous les jours, "sinon ça nous manque" dit Erimita. Et ben nous aussi, maintenant quand on n'a plus de feijão, ça nous manque. On s'est rendus compte qu'en France, on ne savait pas vraiment le cuisiner, alors voilà la recette d'Erimita :
- bien laver le feijão
- le mettre dans une cocotte minute avec au moins 2 volumes d'eau (500 grammes de feijão pour commencer ça fait déja une bonne casserole)
-compter 40 à 50 minutes à partir de la rotation de la soupape
- Faire rissoler pas mal d'ail dans une casserole (pas mal, c'est pas mal ! selon les goûts), avec éventuellement des oignons. Rajouter si on veut des saucisses à cuire, des restes de viande...
- Ajouter au feijão quand c'est cuit, refaire boullir un tout petit peu, assaisonner (saler pas mal). Ca a l'allure d'une soupe épaisse.
Manger avec du riz blanc.
Allez, à vos casseroles, et donnez-nous des nouvelles de votre feijão personnel !

Ca c'est Maya après une cession de feijão
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 03:32, le 19/03/2008, Mots clefs :
|
•Sarkozy and Co
Pas moyen d'obtenir ici des informations (j'allais dire de qualité - mais en fait c'est pas d'infos du tout) sur ce qui se passe dans le monde. En achetant le journal, on a découvert tout au bout de la rubrique économique du Globo que le Kosovo avait déclaré son indépendance.
A la télé, il y a quelques infos sur la bataille Clinton/Obama vu sous l'angle feuilleton. Et puis en trois semaines, deux spots ont été diffusés sur la France. Un pour annoncer que Carla Bruni avait déclaré qu'elle "ferait de son mieux", l'autre pour rapporter les propos du président lorsqu'une eprsonne avait refusé de lui serrer la main ("pauvre con" je crois). On s'est tout de suite sentis plus intelligents en apprenant la nouvelle.
Sinon les infos tournent toujours autour de faits de violence (1300 morts l'an dernier rien qu'à Rio lors d'affrontements entre la police et des gangs, 80 morts pour le Carnaval cette année à Rio), du sport, et de la corruption du monde politique. Dernier scandale en date : des membres du gouvernement Lula ont utilisé leur "carte corporatiste" (carte de crédit utilisable pour payer les dépenses liées au statut de ministre) pour faire entre autre réparer une table de billard, acheter du duty free ou manger du tapioca dans un resto. Le patron de l'école de samba qui a gagné pour la sixième fois consécutive le Carnaval est un bandit renommé (chef d'un jeu illicite très prisé au Brésil, Jogo do Bicho, qui a fait un petit tour en prison récemment pour la forme) s'est balladé cette année pour fêter la victoire à bord d'un camion des pompiers municipaux, escorté de manière personnelle par la police de sa ville...
Résultat : Yohel est obligé de regarder l'Equipe sur internet pour se tenir informé des affaires du monde... (OK, "Le Monde" aussi il me dit l'animal)
(la photo n'a rien n'à voir mais on n'avait pas de photo de bandit alors... c'est une photo de graviola et de papaye, un délice)

|
Commentaires (4) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 02:44, le 28/02/2008, Mots clefs :
|
•Histoires de voisinage...
On habite dans un studio appartenant à Erimita et Reinaldo. Ils habitent le corps prinicpal, et il y a encore trois petits appartements enchevêtrés en plus du nôtre. Tout est ouvert et passent par les fenêtres les odeurs de cuisine, du jasmin le soir, le ressac de la mer, le flux des telenovelas, les engueulades et les injonctions aux enfants ("à table ! à la douche !').
Nos voisins logent à l'année. De manière concordante, leur raison d'être ici est liée de près ou de loin à des affaires sentimentales et de famille problématiques.
Il y a Laercio et Lindalva, adorable couple retraité ( Seu Laercio travaillait comme militaire dans l'aéronautique). Ils ont tout quitté à Recife pour venir à la rescousse de leur fils en phase de divorce sanglant et soutenir aussi leur petite fille, très perturbée par la situation familiale. Ils devaient rester juste un peu, et ça fait deux ans qu'ils sont là.
Il y a Guarà, une cinquantenaire pétillante et malicieuse, phytothérapeute, divorcée et brouillée avec ses deux fils qui ont apparemment de sérieux problèmes avec la drogue et l'alcool, et qui habitent dans ses deux maisons. Elle se retrouve sans rien, à recommencer sa vie comme elle dit pour la troisième fois au moins.
Il y a Kai, un allemand sans-papiers, qui à peine arrivé au Brésil pour des vacances a fricoté avec une brésilienne qui est tombé enceinte. La famille de la mère, très riche, estime que ce n'est pas un bon parti et fait pression pour que la relation cesse; il n'arrive plus à voir son fils de quatre mois. Il se demande la mort dans l'âme s'il ne va pas devoir quitter le Brésil et tirer un trait sur sa paternité, comme la belle-famille le souhaite apparemment.
Reinaldo et Erimita sont les propriétaires. Reinaldo a perdu son père à huit ans. Sa mère, qui avait huit enfants, l'a confié à un couple aisé sans enfants qui l'a élevé. Il a travaillé très dur avec Erimita pendant 23 ans dans un restaurant / supérette à Rio (ouverture: 6 h du matin, fermeture : 22 h), et le fruit de leur labeur leur a permis d'investir dans l'immobilier et de mener aujourd'hui une vie confortable.
On s'est tout de suite bien entendus Leur gentillesse me touche. Erimita devance nos moindres besoins (parasol, serpillère, machine à laver...), envoie de temps en temps par Lunah une assiette garnie, garde Maya avec un plaisir immense; on passe pas mal de temps à papotter ensemble. Reinaldo nous emmène faire de petits tours pour les courses ou pour visiter. Les filles vont et viennent entre ici et chez eux avec aisance, elles savent qu'elles sont les bienvenues. Je me sens bien ici, je sens que ça ne va pas être facile de décoller.
(la photo c'était dimanche dernier, on était invités à un barbecue (churrasco) qui s'est terminé en Karaoké. J'ai particulièrement brillé par ma participation sur Garota de Ipanema, soit Girl from Ipanema, si si il faut le dire)
|
Commentaires (3) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 06:17, le 22/02/2008, Mots clefs :
|
•Post-Carnaval par yohel

qu'est-ce qu'il y a après le Carnaval ?
le Carnaval ! encore et encore. le we qui suit le défilé des différentes écoles pour obtenir le titre de champion et les sous qui vont avec, toutes les écoles défilent de nouveau pour le plaisir, prolonger la fête et peut-être aussi amortir une année de travail. Nous avons donc de ce fait pu assister au Post-Carnaval... tout au moins en partie. Les places pour entrer au sambodrome sont des étoiles filantes qui ne te laissent que des scintillements une fois que tu as vu le prix s'afficher. Alors, nous sommes allés sur un bout de pont d'autoroute fermé sur une voie pour le Carnaval pour voir, collés contre une grille, les blocs de certaines écoles se présenter devant le sambodrome (une école, c'est en gros 4000 personnes et 4 ou 5 chars différents). L'ambiance est moite. Sur ce pont, la foule s'agglutine contre des grilles posés là plus pour nous gêner la vue que pour nous empêcher de tomber. Ca sent la bière et la sueur. Les mains sont balladeuses et certains regards torves. Les piques font les pockets. Un mec à droite de moi, un peu absent, un sourire en coin. Je ne le lâche pas du coin de l'oeil. Je sens des petis mouvements au niveau de ma ceinture alors je regarde. qu'est-ce qui dépasse de son tee-shirt presque blanc : son sexe un peu mou qu'il malaxe tendrement. je pousse fermement le bonhomme loin de moi. Quelques minutes plus tard, une fille s'écrie dégoûtée : 'Ahhhhh ! Un salaud m'a pissé sur la jambe !' petit moment d'interrogation, les gens se regardent et cherchent qui cela peut bien être, certains regards compatissent, d'autres expriment un dégoût. Puis une phrase fuse d'une grosse femme gouailleuse:' T'es sûre qu'il ne t'as pas vidée sa capote sur la jambe ?!!'. Eclats de rire. Une autre de rajouter : 'Ah ma fille ! tu vas tomber enceinte par la jambe !'. Et les rires d'éclater de nouveau. 
|
Commentaires (3) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 09:50, le 15/02/2008, Rio de Janeiro Mots clefs :
|
•C'est qui les Gringos ?
A quoi voit-on sur la plage que l'on n'est pas d'ici ? Trouver la bonne réponse :
- on met de la crème solaire
- on met des chapeaux
- on est tout blancs
- les filles ont enlevé leur maillot et sont à poil
- elles ne savent pas nager
- on sort dès que sortent les nuages et on rentre dès que le soleil pointe son nez
Alors ?.....
Bravo ! toutes les réponses sont bonnes !
|
Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
|
Publié à 06:32, le 14/02/2008, Rio de Janeiro Mots clefs :
|
|
|
|
|