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On habite dans un studio appartenant à Erimita et Reinaldo. Ils habitent le corps prinicpal, et il y a encore trois petits appartements enchevêtrés en plus du nôtre. Tout est ouvert et passent par les fenêtres les odeurs de cuisine, du jasmin le soir, le ressac de la mer, le flux des telenovelas, les engueulades et les injonctions aux enfants ("à table ! à la douche !').
Nos voisins logent à l'année. De manière concordante, leur raison d'être ici est liée de près ou de loin à des affaires sentimentales et de famille problématiques.
Il y a Laercio et Lindalva, adorable couple retraité ( Seu Laercio travaillait comme militaire dans l'aéronautique). Ils ont tout quitté à Recife pour venir à la rescousse de leur fils en phase de divorce sanglant et soutenir aussi leur petite fille, très perturbée par la situation familiale. Ils devaient rester juste un peu, et ça fait deux ans qu'ils sont là.
Il y a Guarà, une cinquantenaire pétillante et malicieuse, phytothérapeute, divorcée et brouillée avec ses deux fils qui ont apparemment de sérieux problèmes avec la drogue et l'alcool, et qui habitent dans ses deux maisons. Elle se retrouve sans rien, à recommencer sa vie comme elle dit pour la troisième fois au moins.
Il y a Kai, un allemand sans-papiers, qui à peine arrivé au Brésil pour des vacances a fricoté avec une brésilienne qui est tombé enceinte. La famille de la mère, très riche, estime que ce n'est pas un bon parti et fait pression pour que la relation cesse; il n'arrive plus à voir son fils de quatre mois. Il se demande la mort dans l'âme s'il ne va pas devoir quitter le Brésil et tirer un trait sur sa paternité, comme la belle-famille le souhaite apparemment.
Reinaldo et Erimita sont les propriétaires. Reinaldo a perdu son père à huit ans. Sa mère, qui avait huit enfants, l'a confié à un couple aisé sans enfants qui l'a élevé. Il a travaillé très dur avec Erimita pendant 23 ans dans un restaurant / supérette à Rio (ouverture: 6 h du matin, fermeture : 22 h), et le fruit de leur labeur leur a permis d'investir dans l'immobilier et de mener aujourd'hui une vie confortable.
On s'est tout de suite bien entendus Leur gentillesse me touche. Erimita devance nos moindres besoins (parasol, serpillère, machine à laver...), envoie de temps en temps par Lunah une assiette garnie, garde Maya avec un plaisir immense; on passe pas mal de temps à papotter ensemble. Reinaldo nous emmène faire de petits tours pour les courses ou pour visiter. Les filles vont et viennent entre ici et chez eux avec aisance, elles savent qu'elles sont les bienvenues. Je me sens bien ici, je sens que ça ne va pas être facile de décoller.
(la photo c'était dimanche dernier, on était invités à un barbecue (churrasco) qui s'est terminé en Karaoké. J'ai particulièrement brillé par ma participation sur Garota de Ipanema, soit Girl from Ipanema, si si il faut le dire) |
• nous aussi on veut profiter!
N'y a t'il pas possibilité de joindre des fichiers son sur uniterre???...
Autant je connais les talents de danseuse d'Anne, autant je ne l'ai jamais entendue chanter!!!
Et puis les fameux bruits de voisinage, engueulades et telenovelas aussi ça serait cool d'en avoir un échantillon! histoire d'être encore un peu plus transportés chez vous en lisant votre blog! bises
Anne (l'autre, alias Pamela)