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Cela fait bientôt 3 semaines que nous voilà installés à Itacare, à 6h au sud de Salvador da Bahia. C'est une petite ville de surfeurs et de rastas très très cools, où règne un air de paresse tranquille et de vacances perpétuelles. L'envie d'acheter un bout de terrain dans la forêt tropicale alentour pour y construire une cabane travaille Yohel d'autant plus qu'il pourrait y avoir une cascade, un bout de rivière...
Avant d'atterrir ici, on a fait une escale à Ilheus et on ne résiste pas à l'envie de vous narrer une petite anecdote liée à la Fête de Saint George. La bible du Lonely PLanet nous indiquait que le 23 Avril était célébrée la Fête de Saint George, culte du Candomblé. Ah ! Super, on reste. Nous avons donc écourté notre séjour à Porto Seguro (ce qui nous a fait rater une autre fête: la "découverte du Brésil" par les portugais à cette endroit même. 500 ans tout de même !). Et comme dans la Bahia 1 jour férié en vaut 2, nous n'avons pas non plus pu aller à la Police Fédérale pour renouveler notre visa.
Bref, nous voilà donc à Ilheus, ville de Jorge Amado, connue pour sa richesse à l'époque de la ruée vers le chocolat, aujourd'hui en berne pour cause de maladie de "sorcière" qui a dévasté les plantations.
Nous sommes dans l'attente de chants en Yoruba et de danses de grandes robes blanches en dentelles... Sur place, on se renseigne et là, le doute s'insinue. Personne ne parle de Candomblé, religion diabolisée par les chrétiens et encore plus par les protestants qui ont envahi le Brésil (c'est incroyable le nombre d'eglises protestantes que l'on peut rencontrer portant des noms plus incroyables les unes que les autres). On nous parle de magie noire, de macumba et autres. Le Lonely PLanet ne serait donc pas une bible ? Puisque nous sommes là, nous décidons de nous y rendre envers et contre tous le jour dit.
Nous sommes sur le parvis l'église de Saint George. Pas de doute, c'est bien une fête catholique. Et la procession se met en place. Avec le Cardinal (j'ai un doute vu mes connaissances des signes de la hiérarchie. Mais vu la quantité de rouge qu'il portait sur lui...), le prêtre, les enfants de coeur, la chorale, les policiers militaires en tenue ... portant la statue de Saint George. Et pour couronner le tout, devinez qui apporte l'élément musical de cette fête... la bandeira de la police municipale ! Nous avons ri à nous faire des alvéoles pulmonaires supplémentaires en imaginant la situation en France : des gars du GIGN armés jusqu'aux dents balladant une statue de Saint Christophe à Angers. Je pense qu'il n'y a qu'au Brésil que l'on peut rencontrer des situations de ce genre. Mais laissez-moi vous décrire le fameux Saint-George: il est monté sur un pidestal, la tête légèrement penchée vers le bas et levant un doigt vers le ciel dans une pose profondément rastafarie ou de danseur techno sur le point d'entrer dans une transe éléctronicoastrale. Il inspire le Saint-George ! Mais toute autre chose qu'un sentiment religieux.
Mais au fait, où est le dragon ?
Le temps d'écrire cet article et nous voilà déjà rendus à Salvador, grande ville bruyante, chantante dans les bus, nonchalante et africaine. A plus pour d'autres nouvelles... |
• Bravo
Vous avez l'art et la manière et je suis transporté l'espace d'une lecture auprès de vous et des petites.
Merci
Christtian