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A Fortaleza nous avons retrouvé un vieux copain qui nous a immédiatement emmené à Morro Branco, dans la maison (plutôt une hutte de luxe) d'un de ses amis. Vraiment, on n'a pas eu à se plaindre : plats de langoustes grillées, tours en buggy sur la plage, mer à deux pas, et logement à l'oeil. On a vu (nettement) pire.
Le compteur tourne et le départ se profile dejà. On part dans moins d'un mois, mais on se trouve encore à près de 50 heures de bus de Rio d'où décolle notre avion. Comme on ne voyage sur de longues distances que de nuit (bizarrement, Maya n'apprécie pas trop de rester dix heures dans un bus la journée), ça fait donc quatre nuits de bus à faire en sens inverse.
Voilà en 5 mois où en sont les troupes :
Lunah, dorée à souhait, maîtrise les rudiments du portugais. Elle a rapidement commencé à acquérir les bases ("je vais t'attraper sorcière", "c'est toi le monstre", "on joue à Papa et Maman ?") et se lance maintenant dans de grands discours à qui veut l'entendre, ce qui lui a permis de se constituer une ribambelle d'amoureux assez conséquente. Plus le départ s'approche, plus elle ressent de la saudade pour la France ("le Brésil, j'aime pas il y a trop de moustiques") et du coup c'est Lila qui trinque.
Pour Lila c'est le contraire : la saudade de la France c'était au début (on a eu droit à une crise mémorable au sommet du Christ Rédempteur à Rio où elle voulait absolument manger du... reblochon), maintenant elle est très à l'aise. Pour le portugais, elle commence tout juste. Elle a une passion inconsidérée pour le coloriage et elle trimballe partout (bus, plage, ville) sa trousse de crayons au cas où un désir urgent pointe sans prévenir. Elle est très fière de pouvoir acheter le pain toute seule.
Maya a fait ses premiers pas ici et trotte maintenant avec assurance. Elle dit quelqus mots seulement dont coquillage, crabe, noix de coco, água. Elle s'est globalement super bien adaptée aux changements constants, dort dans un hamac, et a quand même ses problèmes de bébé de routine (les dents ça ne pousse pas qu'en France, les périodes scotch-maman c'est aussi trans-atlantique).
Yohel (ici prononcez Joéou) se transforme subrepticement en surfeur : corps sculpté par le vent, le soleil el et le poisson frit, bronzage, colliers en graines. Il arbore même de magnifiques tongues bleues, accessoire qu'il s'est lancé à acheter pour la 1ère fois de sa vie. En 5 mois, on a réussi à sortir (ô miracle !) 4 fois danser et c'était comme toujours le roi de la piste.
Anne s'est, on ne peut plus, abrasilianisée. Dès qu'une petite brise se lève, elle sort le col roulé en hurlant à la mort à qui veut l'entendre qu'il fait un froid de loup. Elle ne supporte plus de dormir sans une couverture quand la température vient à descendre en-dessous de 25°c, elle s'enroule et s'emmitoufle en murmurant qu'elle aurait bien besoin d'un duvet. Il suffit qu'un brin de musique vienne à se faire entendre pour que tout son corps se mette en transe et que l'on ne puisse plus distinguer clairement les parties de son corps roulée comme un carosse et bronzée comme une pomme à croquer. Enfin, elle ne supporte plus les jupes de plus de 10cm de long et ne jure plus que par le fil dentaire (maillot de bain pour les non initiés). C'est une vraie bombe !
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Nasser