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Nous revenons sur nos pas et retrouvons avec plaisir Itacaré, petite ville cool d'hippies et de surfeurs rastas. On ne résiste pas à l'envie de décrire un phénomène pour nous exotique.
Il s'agit de la nouvelle version du crieur public. Le (jeune mais pas trop) fringant en question sillonne la ville à bord d'une bicyclette antique équipée d'un ampli et d'une paire de baffles dernier cri, ainsi que d'un micro kit main libres.
A la fois emprunt du sérieux de sa mission et d'une nonchalance proche du type accoudé au comptoir devant une bière fraîche, il déclame sans fléchir les annonces du jour à la ville entière comme s'il s'adressait à ses vieux potes de surf :
"Bonjour à tous ! Itacaré en direct !
"Un nouveau cybercafé a ouvert dans la rue Pituba. C'est deux reals de l'heure. Vraiment pas cher non ?
"Monsieur Marcelo Vasconcelo Alvarez est décédé à l'âge de 67 ans. Ses obsèques auront lieu demain à 10 heures à l'Eglise du bord de plage. Je répète : les obsèques..."
"Edison Gomez, propriétaire d'une golf blanche stationnée devant le restaurant de tapioca "Mangue Douce" a perdu ses clés. Ce serait vraiment sympa de les rapporter à votre serviteur ou d'appeler sur son portable au 9287 3602. Je répète :..."
"Ce soir, grosse fête au "Corail", dernier bar sur la Plage des Coquillages à partir de 23h. C'est OK, bien retenu ?"
Notre homme progresse dans la ville en parcourant les ruelles aux pavés défoncés à un rythme mesuré : il roule sur son fidèle destrier très lentement, pose parfois le pied devant le resto d'un ami ou en haut d'une côte. Mais ô ! miracle ! Jamais ne pointe le signe d'un essoufflement et le crieur des temps modernes continue son chemin en déclamant à la face du monde les nouvelles d'Itacaré avec une constance immuable.
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