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Autre épisode fascinant à Itacaré : le passage dans un poste de police pour la perte d'un sac.
Il est neuf heures du matin. On entre dans le bâtiment tout grillagé, on frappe des mains (ici c'est comme ça qu'on appelle les gens), finalement on appelle, personne. Un gars qui semble tout droit sorti de la plage (lunettes de soleil, cheveux gominés, short et tongues assorties) nous passe devant. Zut se dit-on, il est gonflé le type. Mais ô surprise, notre homme se glisse derrière le bureau et nous demande le motif de notre visite.
Apparaît alors un deuxième gars, crâne rasé, petite barbiche, un ventre de bière tellement proéminent que le Tshirt imprimé, malgré tous ses louables efforts, ne parvient pas à contenir totalement. Tout sourire, ils nous disent que malheureusement, comme on est étrangers, il faut repasser lundi (on est samedi) car notre déposition doit être saisie à l'ordinateur (et pas sur leur cahier à spirales) pour être envoyée au centre régional, et eux ne sont pas habilités à le faire.
Ils demandent à Yohel son métier, qui leur répond anthropologue. "Ah, tu nous étudies alors !" On rigole un coup et l'un deux nous demande : "Tu connais ce truc, là, énorme avec des poils partout qui fait des traces dans la neige ?". Moi, nageant en plein surréalisme : "Le yéti ???". Lui : "Oui, c'est ça ! Et ben c'est mon collègue ! Tu veux emporter ce spécimen avec toi en France ?". On se fend la poire.
Trève de conneries, on leur demande à quelle heure il faut revenir lundi. L'un d'eux nous dit à partir de 8h. L'autre : "Bon, si vous ne voulez pas attendre, c'est mieux de venir vers 9h, 9h30, hein, parce que notre autre collègue vient de loin alors...". Bon ben oui alors.
On se dit au revoir et ils sortent avec nous, apparemment ils ont fini leur service. Eux : "Vous dansez le forró les gringos ? Oui ? Et ben on se voit en boîte alors !".
Enorme.
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Michel et Marie Pierre